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PARTICIPER [citoyen engagé]
Les syndicats indonésiens,
acteurs de la réforme agraire
Suite aux violentes répressions dont les paysans de Tanak Awu, village de la province Nusa Tenggara dans l’ouest de l’Indonésie, ont été une nouvelle fois victimes le 21 juin dernier, le Consortium pour la Réforme Agraire (KPA), principal syndicat paysan en Indonésie, a organisé les 22 et 23 juillet 2006 un groupe de résistance. Plusieurs organisations paysannes parmi lesquelles la Fédération des Syndicats de Paysans Indonésiens (FSPI), l’Alliance des Paysans Indonésiens (API) [1] ou Petani Mandiri (paysans indépendants) ont participé à des travaux en vue de faire appliquer la réforme agraire par le gouvernement. Une rencontre qui marque une nouvelle étape dans les nombreuses actions de lobbying que mènent ces groupes de soutien des paysans et travailleurs agricoles. Le conflit entre les paysans de Tanak Awu et la compagnie d’Etat Angkasa Pura II (secteur aéronautique), débute en septembre 2005 lorsque le gouvernement décide de construire un aéroport international, impliquant l’expropriation de 850 hectares de terres cultivées, d’habitations et d'infrastructures d'irrigation. Mais cette volonté politique de développement touristique se heurte à deux éléments de taille: le caractère marginal du tourisme dans l'économie de ces régions et la détermination des paysans désormais regroupés et organisés. Près de 75% des agriculteurs de la zone ne possèdent pas de titres de propriété, ils voient donc d’un mauvais œil ce projet, dit "d’intérêt public", qui leur fera perdre leurs terres et leurs revenus.
Les conflits pour la terre qui opposent les paysans et travailleurs agricoles aux autorités sont fréquents dans ce pays où la majorité de la population habite en zones rurales et travaille dans le secteur agricole. D’après les chiffres du KPA, près de 1800 cas de conflits agraires concernant 5 266 418 hectares ont été recensés entre 1970 et 2000. 258 022 ménages paysans en ont été les victimes. Le cas des paysans du Tanak Awu n’est pas isolé ; toutefois, la mobilisation des paysans et des organismes qui les soutiennent n’a pas été vaine puisqu’elle a poussé la Commission indonésienne des droits de l’homme à se saisir des affaires économiques et sociales de la région. Les recours législatifs et pressions de la rue ont poussé le gouvernement à prendre en compte l’avis de l’ensemble des citoyens au sujet de l’amendement de la loi UUPA de 1960. Cette année, la Commission nationale pour les questions agraires [2] a conduit trois consultations publiques destinées à récolter les opinions de différents groupes sur la proposition d’amendement de cette loi. Une initiative autour de laquelle les organisations paysannes se sont largement impliquées à l’instar du KPA qui a organisé en juin dernier un second atelier avec des experts légaux des questions agraires. FDH
[1] API : Indonesian Peasants Alliance [2] BNP : National Board for Land Affairs
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