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MANIFESTER [combat public]
Les Pakistanaises pour l’égalité
homme - femme devant la loi
Le 9 juillet dernier, au Pakistan, plus de 300 personnes, dont une majorité de femmes, ont manifesté devant le club de presse de Karachi - haut lieu de résistance - contre les discriminations faites aux femmes pakistanaises. Sous l’impulsion de la branche féminine du Forum Pakistanais des Pêcheurs (PFF), menée par Tahira Ali Shah, les participants ont appelé le gouvernement à abolir les « Hudood Ordinances » (ordonnances Hudood), dont les applications sont injustes envers les femmes. On compte, entre autres, de nombreux cas où des femmes victimes de viol se retrouvent en prison car elles n’ont pas pu fournir le témoignage de quatre hommes attestant de la véracité de leurs propos, comme le demande la loi. Instaurées en 1979 par le gouvernement militaire du général Zia-ul-Haq, les « Hudood Ordinances » renforcent les peines encourues pour vol, viol ou adultère et criminalisent les relations hors mariage, entre autres. Entraînant un traitement inégal entre hommes et femmes, elles sont contestées et rejetées par de nombreuses organisations de défense des droits des femmes au Pakistan, parmi lesquelles la Fondation Aurat, le Forum d’Action des Femmes [1], ou l’Organisation de développement de Lyari à Khaipur. Et les initiatives de la part de ces organisations pour obtenir l’abolition de la loi ne manquent pas.
Quelques jours plus tard, le 11 juillet, s’inscrivant dans la lignée
d’une lutte commune de plus de 20 ans contre cette loi, l’Organisation
pour le développement vert rural a organisé une marche à
Hyderabad, au sud-ouest du pays, entre Gari Khata, un quartier de la ville
souvent choisi pour des manifestations, et le club de presse. La marche
a rassemblé environ 200 militants des droits de l’homme et
représentants politiques – dont la Commission pakistanaise
des droits de l’homme et les syndicats Bhandar
Hari Sangat et Azad Hari Tahreek – donnant ensuite lieu à
un débat où une centaine de personnes ont pu échanger
sur les conséquences Dans le même temps, le gouvernement pakistanais du président Pervez Musharraf, au pouvoir depuis juin 2001, travaille à un amendement de la loi proposant de libérer sous caution toutes les femmes – 1300 à ce jour – ayant été arrêtées pour des faits autres que vol, meurtre ou terrorisme. Mais pour les opposants aux « Hudood Ordinances », cela ne suffit pas. Cette loi, qui se dit inspirée de la tradition de l’Islam, est mal interprétée et utilisée injustement et sans retenue, notamment envers les femmes. Elle doit être abolie afin de permettre aux femmes discriminées aujourd’hui au Pakistan de gagner leur émancipation et faire valoir leur droit d’égalité face à leurs maris et aux hommes de la société pakistanaise en général. Ainsi, en plus de demander l’abolition des « Hudood Ordinances », ces événements sont également le moyen pour les organisations de défense des droits et pour les femmes pakistanaises de revendiquer le rôle que ces dernières peuvent jouer tant sur le plan économique et politique que social dans le Pakistan actuel et à venir. FDH
[1] Women's Action Forum, WAF
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