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MANIFESTER [combat public]
Afrique du Sud : barrer la route
aux privatisations
Le 3 octobre dernier, des centaines de résidents d’Orange Farm, bidonville situé à une soixantaine de kilomètres au sud de Johannesburg, bloquent la principale voix d’accès menant à la capitale pour faire entendre leur voix. Armés de slogans tels que « pas de liberté sans accès aux services de base » ou « pas de paix sans développement », ils ont barré l’autoroute pendant plusieurs heures afin que le gouvernement tienne ses promesses. Réunis au sein de l’OWCC [1], regroupement communautaire qui s’oppose à la privatisation des services municipaux d’approvisionnement en eau d’Orange Farm, les habitants réclament un accès à l’eau courante et à l’électricité, des logements décents et des sanitaires corrects pour tous. Les politiques avaient promis « une vie meilleure pour tous » aux citoyens, avec un accès aux services de base pour les communautés défavorisées. Cependant, c’est une stratégie de privatisation des services publics qui a été adoptée. Celle-ci a eu un effet désastreux sur les populations pauvres. De 1994 à 2004, plus de 12 millions de personnes se sont vus couper l'eau courante, incapables de payer les montants associés à la hausse des tarifs atteignant plus de 600 % dans certaines municipalités. De même, plus de 10 millions de personnes n’ont plus d’électricité faute d’argent. Pour les logements sociaux, le scénario se répète. La construction et le financement des loyers à coût modique ont été privatisés au profit des cinq principales banques du pays ce qui entraîne sur l’ensemble du pays, des centaines d’évictions chaque semaine pour cause de non paiement des hypothèques.
Finalement, leur large mobilisation aura débouché sur l’organisation d’une rencontre entre les différents partis : municipalité, sociétés privées et organisations de citoyens. Une victoire pour les habitants d’Orange Farm qui sont d’autant plus motivés que leur combat n’est pas isolé. A travers toute l’Afrique du Sud, on assiste à des initiatives individuelles ou collectives de lutte contre les privatisations qui se sont unies sous la bannière nationale du Forum anti-privatisation, dont l’OWCC fait partie. Depuis plusieurs années, on observe une multiplication des mouvements de lutte populaire dans le pays. Comme l’explique Mzimasi Mngeni de l’association ILRIG, « l’émergence des mouvements sociaux est un signal de la profonde frustration et d’une augmentation continue de la colère des populations oppressées de notre pays. Ces nouveaux mouvements représentent une étincelle de renouveau et le début d’un regroupement de la classe ouvrière en Afrique du Sud ». FDH
[1] OFWCC
: Orange Farm Water Crisis Committee / Comité en charge de la crise
de l’eau à Orange Farm
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