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INFORMER [confronter les idées]
Au Congo (RDC), l’état
de droit passe
par tous les moyens d’information
République démocratique du Congo, juin 2006. En plein jour, des coups de feu retentissent et le corps d’un civil au retour du travail est retrouvé inanimé à 20 mètres de son domicile. Il était père de huit enfants. Ignorant la banalité de ce crime gratuit, l’organisation Héritiers de la justice réagit immédiatement. Au travers du feuillet d’information Nota Bene qu’elle publie en cas d’événement grave, elle a tôt fait de dénoncer cet acte. Porteur d’une nouvelle réclamation déjà formulée par le passé, ce numéro vise à ce que le gouvernement dote « les juridictions des moyens nécessaires pour réprimer les violations des droits humains commises sur les citoyens par des hommes en armes ». Convaincue que l’impunité ne peut constituer le terreau de la réconciliation, elle refuse la loi du silence et condamne l’institutionnalisation de la violence et la situation d’insécurité qui en résulte. Intervenant dans la région des Grands Lacs, prioritairement au Sud-Kivu, l’association compte parmi les éléments importants de son travail la diffusion de l’information. En 15 ans, elle a développé de nombreux supports : plusieurs parutions destinées à un public varié - citoyens, gouvernement, ONG, etc. -, mais aussi des outils de communication plus spécifiques. Ainsi, on découvre une « pharmacie des droits » qui joue un véritable rôle d’éducation et d’assistance en matière de droits de la personne. Mettant à disposition un tableau quotidien d’informations récoltées via Internet, cette pharmacie - à l’instar des maisons de justice et du droit en France – fonctionne comme un lieu d’écoute, de consultation et d’orientation juridique. Chaque jour, des lecteurs y affluent en quête de solutions à leurs problèmes. Les personnes ne pouvant se payer un avocat (souvent des paysans opprimés ou des femmes victimes de sévices sexuels) y trouvent refuge. Elles pourront entre autres être mises en relation avec un cabinet d’avocats partenaire.
L’objectif d’Héritiers de la justice est clair : « rendre fort le plus faible pour qu’il revendique lui-même ses droits au quotidien ». Malgré le danger auquel s’exposent les militants de l’association, comme en témoigne l’assassinat de plusieurs de ses membres, elle poursuit son action. Fonctionnant selon le professeur Muhigwa Bahanga « comme une maison de presse au regard de son impressionnante concentration et publication de documents », elle serait en passe de devenir le centre de documentation de toute la région des Grands Lacs ! Ses effets ne se limiteraient pas à la République démocratique du Congo, mais se répandraient aussi dans les pays limitrophes - Rwanda, Burundi, Ouganda -. Après la propagation de la crise qui n’a pas seulement embrasé un pays mais la région tout entière, la riche expérience d’Héritiers de la justice pourrait bel et bien se propager à son tour. FDH
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