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TEMOIGNER [culture solidaire]
Afrique du Sud : le foot aide les
sans-abri
à trouver un nouveau cap
« Pour aider à changer le monde et à endiguer la pauvreté, pour aider les sans-abri, tout ce que nous avons à faire, c'est prendre un ballon rond et taper dedans. » C’est ainsi que Mel Young, président du Réseau international de la presse de rue, crée en 2003 la première Coupe du monde de football des sans-abri. La quatrième édition s’est tenue à Cap Town en Afrique du Sud du 23 au 30 septembre 2006. L’objectif est de faire se rencontrer pendant une semaine des équipes nationales composées d’hommes et de femmes vivant dans une précarité extrême, et leur donner l’envie de redémarrer un projet de vie. L’édition 2006 aura été un vif succès. Le nombre de nations participantes est passé de 18 à 48 entre le premier tournoi organisé en 2003 à Graz, en Autriche, et celui de Cap Town, symbole d’un engouement croissant pour cette compétition. De plus, c’est la première fois depuis sa création que ce tournoi est organisé par un pays du Sud avec une hausse sensible du nombre de nations africaines (au total 13 ont été sélectionnées). Un succès dû à l’implication des associations locales de chaque pays qui mettent en place ces sélections. Elles entraînent les joueurs, mais prennent surtout les sans-abri en charge et veillent à obtenir le financement nécessaire à leur déplacement. Les retombées sont immédiates car la Coupe du monde offre
la possibilité aux participants de rompre leur exclusion en confrontant
leur réalité à celle de leurs adversaires d’un
jour. L’événement est aussi salutaire au niveau national puisque dans chacun des 48 pays représentés en Afrique du Sud, des centaines de sans-abri ont pu participer à des tournois de présélection afin de former l’équipe finale. Enfin, cette volonté de réinsertion par le sport est développée au niveau local : les associations de 16 pays, ayant compris l’engouement suscité par un tel événement, ont instauré un tournoi national annuel permettant aux sans-abri de se retrouver l’espace d’une journée au sein d’enceintes mythiques telles que, par exemple, le Parc des Princes, à Paris. Conscientes du rôle « déclic » du tournoi, ces associations accordent une part plus grande au football dans leurs programmes d’insertion, pérennisant par la même occasion une dynamique initiée par la Coupe du monde, malgré le coût élevé de ces actions. Car c’est bien le football qui aura permis à des centaines de sans-abri de faire de ce rendez-vous un exemple concret d’union et de revalorisation personnelle à la fois sur le plan physique, social et économique. Les sans-abri démontrent ainsi que leur vie en marge de la société n’a en rien entamé leurs capacités. Comme le résume Claudio Bongiovanni, de la sélection brésilienne emmenée par l’association OCAS : « Si les hauts dirigeants mondiaux pouvaient voir et sentir l’union des personnes exclues par le monde entier, ils verraient la pauvreté et l’exclusion sociale d’un autre œil. » FDH
[1]
Selon une enquête réalisée après la Coupe du
monde des sans-abri 2005 à Edimbourg.
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