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Portrait [à la rencontre de…]
Hilma Safitri, une citadine au
cœur des campagnes indonésiennes

IN THIS ISSUE  

PARTICIPER [citoyen engagé]

Manifester [combat public]

Les paysans indiens en marche pour leur terre. Acte I. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Former [savoir pour agir]

Coopérer [partage des moyens]

Aux Philippines, paysans et citadins passent à table  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Informer [confronter les idées]

TEMOIGNER [culture solidaire]

Portrait [à la rencontre de…]

 

Hilma Safitri est membre de l’association Pergerakan. Elle milite depuis plusieurs années pour améliorer les conditions de vie des paysans indonésiens.

D’où viens-tu Hilma ? 
Je suis née en 1973 à Bandung, capitale de la province de Java West en Indonésie où j’ai vécu jusqu’à la fin de mes études.

Et comment se sont-elles déroulées ? 
J’ai suivi une formation en anthropologie . Tout au long de ce cursus, j’ai dû réaliser de nombreuses « études terrain » que j’ai choisi d'orienter vers le monde rural qui m’a toujours intriguée et attirée. Ainsi j’ai pu voir comment se passait la vie dans les campagnes. J’avais toujours vécu en ville et je ne savais pas que l’on pouvait vivre sans électricité, sans eau courante, ou cuisiner au feu de bois. Ces expériences inoubliables m’ont permis de prendre conscience des problèmes existants dans ce milieu et m’ont donné envie de travailler avec la population paysanne.

Tu n’as donc jamais eu de lien avec le milieu rural ? 
Non, à part moi qui m’intéresse à ce milieu, l’ensemble de ma famille reste très citadine. Mon père était banquier et ma mère femme au foyer. Quant à mon frère et ma sœur, ils sont employés dans de grosses entreprises.

 
  Portrait d’Hilma Safitri / © Hilma Safitri

Qu’est ce qui t’a le plus marqué pendant ces études terrain ? 
Mes rencontres avec les femmes et leur générosité. Elles m’ont souvent promis que le jour où elles obtiendraient une terre, elles m’en donneraient une partie pour me remercier de mon travail. Il y a tellement de femmes « sans-terre » en Indonésie que quand ça arrivera, je serai l’un des plus gros propriétaires terriens du pays ! 

Que peux-tu nous dire sur le statut des femmes en Indonésie ? 
Dans le milieu rural, elles dépendent toujours des hommes. Selon la loi, elles ont le droit de posséder la terre, mais en réalité de nombreux obstacles les en empêchent. Pour les femmes urbaines, il est plus facile de travailler dans le secteur privé que dans les institutions gouvernementales où elles restent une minorité. La nouvelle loi sur les quotas féminins au sein de ces institutions est une opportunité pour nous et j’espère qu’elle permettra de faire évoluer la situation. 

Pour revenir à ton parcours professionnel, qu’as-tu fait après l’université ?
J’ai fini mes études en 98, mais je m’étais engagée avant comme volontaire dans l’association KPA, avec qui j’ai ensuite travaillé environ sept ans. Cette première expérience m’a permis de mieux appréhender les politiques agraires en Indonésie. J’ai trouvé très intéressante et percutante leur stratégie, qui consiste à mobiliser à la fois le gouvernement et les organisations paysannes pour faire avancer la réforme agraire.

Et maintenant, que fais-tu ? 
Je travaille au sein de l’association Pergerakan, où je développe des centres de ressources axés sur la recherche, l’information et la constitution d’une base de données sur l’ensemble de nos partenaires. Je travaille aussi à la mise en réseau d’organisations au niveau national et international. 

Pourquoi t’intéresses-tu autant à la lutte pour l’amélioration du contexte rural ? 
La majorité de la population indonésienne vit en milieu rural et il est difficile d’imaginer la situation à laquelle ces gens font face. Ils trouvent difficilement de quoi manger et c’est une lutte quotidienne pour survivre. Cette situation est impensable lorsque l’on sait que dans les villes, la plupart des gens trouvent facilement ce dont ils ont besoin, notamment la nourriture. 

Quels sont tes rêves ? Tes ambitions ? 
J’en ai plusieurs … J’aimerais vraiment monter une organisation consacrée aux problèmes agraires en Indonésie. Sinon, l’un de mes vieux rêves serait de voyager dans tout le pays et me rendre sur toutes les îles indonésiennes. Et puis j’adorerais poursuivre mes études à l’étranger … 

FDH

 

KPA : Konsorsium Pembaruan Agraria – Consortium pour la réforme agraire – www.kpa.or.id/english - kpa@kpa.or.id > Contact : Iwan Nurdin

Pergerakan : www.pergerakan.com / pergerakan@bdg.centrin.net.id >
Contact : Hilma Safitri


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Source : Frères des Hommes - www.france-fdh.org

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