Imprimer cette page

PARTICIPER [citoyen engagé]
En Haïti, le droit des migrants se construit à la frontière

SOMMAIRE  

PARTICIPER [citoyen engagé]

MANIFESTER [combat public]

FORMER [savoir pour agir]

COOPERER [partage des moyens]

Guatemala : les femmes ne restent pas victimes  . . . . . . . . . . . . . . . . . .

INFORMER [confronter les idées]

Bolivie : Radio Yungas, agent de médiation  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

TEMOIGNER [culture solidaire]

PORTRAIT [à la rencontre de ...]

 

Les marchés ambulants d’éducation aux droits de l’homme se déplacent le long de la frontière entre Haïti et la République dominicaine. Ils proposent diverses activités artistico-pédagogiques comme des jeux de dés et marelles sur les droits de l'enfant, un théâtre forum sur la traite et le trafic de personnes, une ronde des militants sur l'importance de l’assistance des migrants en droits humains, etc. Ces actions menées par le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR), une plateforme d’une dizaine d’associations et ONG, visent à sensibiliser les jeunes et les adultes aux problématiques de la migration, à les éduquer sur les principes fondamentaux de droits humains et à leur faire connaître le travail des comités de droits humains du Réseau Bi-national Jeannot Succès (RBJS).

Pour les organisations haïtiennes, les initiatives culturelles représentent un excellent moyen d’informer les populations sur leurs droits, mais aussi de les laisser s’exprimer sur des sujets très durs dont beaucoup ont soufferts. Dans le cadre de la campagne sur la traite et le trafic de personnes à la frontière de l’île, plusieurs organisations parmi lesquelles le RBJS, le GARR ou encore le Service jésuite aux réfugiés et migrants ont ainsi lancé en janvier 2006 un concours binational de chansons. Fin juin, lors de la finale du concours, plusieurs participants ont été récompensés, mais c’est Francis Yens de la ville de Dajabon qui a remporté le 1er prix avec la chanson Un buscón no te salva la vida [1]. Le jury a également décerné un prix spécial, catégorie enfants, à la Chorale Titayno de Port-au-Prince, pour la chanson : Viv Vwayaj legal [2] !

Parallèlement à ces actions d’envergure, le GARR conduit quotidiennement des activités de récolte d’informations, d’accompagnement des victimes de droits humains, de plaidoyer, etc. Grâce à son omniprésence sur le terrain, il détient une information détaillée des pratiques en matière de politique migratoire menée par Haïti et la République dominicaine qui lui permet de publier des rapports dénonçant les injustices observées à la frontière et de favoriser la coopération entre les dirigeants des deux états. Une capacité d’interpellation qui va bien au-delà des frontières haïtiano-dominicaines. En juin, 48 heures avant l’ouverture de la 36e assemblée générale de l’Organisation des Etats Américains (OEA [3]) organisée à Saint-Domingue, les membres du GARR se réunissaient avec d’autres organisations haïtiennes et brandissaient des pancartes : « OEA, prononcez-vous publiquement sur la discrimination contre les Haïtiens nés en République dominicaine. Dirigeants haïtiens et dominicains, appliquez-vous à renforcer les efforts de solidarité entamés par les sociétés civiles des deux pays et non le contraire. »

Les représentants des organisations des communautés de descendance africaine en Amérique (du Brésil, du Costa Rica, du Honduras, de la Colombie, de l’Equateur, du Panama, de Haïti, des Etats-Unis, de Porto Rico, du Canada et de la République dominicaine) se sont réunis en séminaire régional. Ils ont également envoyé à tous les ministres de Relations extérieures des Amériques qui participent à l’assemblée générale une pétition demandant aux gouvernements, notamment haïtien et dominicain, de créer des instances de contrôle de la condition des migrants et des injustices qu’ils subissent, pour ensuite venir en aide aux victimes et adopter les lois garantissant leurs droits. Les défis à relever sont nombreux (entre janvier et septembre 2006 plus de 15 000 ressortissants haïtiens ou d’origine haïtienne ont été expulsés de la République dominicaine), mais l’apport fait par ces organisations contribue grandement au processus de reconstruction des relations entre les deux pays.

FDH


Notes :

[1] Un passeur ne te sauve pas la vie

[2] Vive le voyage légal

[3] L’OEA est une organisation qui regroupe tous les gouvernements des états de l’Amérique. Les états membres se fixent des politiques et objectifs importants dans le cadre de l'assemblée générale.


GARR (Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés) - www.garr-haiti.org -
info@garr-haiti.org
> Contact : Colette Lespinas. Le GARR est partenaire de FDH.

RBJS (Réseau Bi-national Jeannot Succès) - antonalhd@yahoo.fr
> Contact : Antonal Mortime

Service jésuite aux réfugiés et migrants - perard.monestime@sjrdom.org
> Contact : Perard Monestime


En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations suivantes :
Source : Frères des Hommes - www.france-fdh.org

Frères des Hommes