| Femmes
du Nord femmes du Sud,
30 ans de luttes pacifistes
Mars
1910, Copenhague, la Journée des Femmes est créée.
Elle est désormais célébrée dans de
nombreux pays, a été reconnue par l’ONU en 1977
et par la France en 1982. En 2007, les associations locales, nationales
et internationales de femmes sont présentes sur tous les
fronts. Donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour
les femmes ? Oh, que non ! Illustrons ce propos en s’appuyant
sur le cas de l’Inde, pays significatif et contradictoire,
présentant un concentré des situations existantes.
L’Inde « appartient au Nord » : informatique envahissante,
multinationales florissantes, réussites individuelles éclatantes
pour les femmes comme pour les hommes. Mais elle « appartient
au Sud » aussi, dont elle connaît les problèmes
les plus graves, tant en termes de pauvreté, que de discrimination,
en particulier à l’égard des femmes.
Côté Nord. En 1927 les Indiennes obtenaient le droit
de vote, 16 ans avant les Françaises, et l’entrée
de plein droit au Parlement. Petit à petit on a vu des femmes
à la tête du gouvernement de leur pays : en Inde, Indira
Gandhi dès 1966, plus tard Benazir Bhutto au Bangladesh,
suivies des Européennes Margaret Thatcher en Grande-Bretagne,
Mary Mc Aleese en Irlande et récemment Michèle Bachelet
au Chili, Angela Merkel en Allemagne, Ellen Johnson-Sirleaf au Liberia.
En France, en 2007 pour la première fois, une femme candidate
à la présidence de la République a été
en position d’éligibilité.
En
2007, à Mumbai ou à New Delhi de nombreuses femmes
sont autonomes, audacieuses, ambitieuses, diplômées,
cultivées, elles choisissent leur mari, ou même choisissent
de ne pas en avoir. En 2007 donc, en Inde comme ailleurs sur tous
les continents, les femmes s’affirment dans tous les domaines
: politique, économique, social, universitaire, artistique,
culturel.
Côté Sud. Etre femme, dans de nombreux pays, reste
un sort peu enviable. Regardons encore l’Inde où l’on
dit qu’avoir une fille c’est ensemencer le champ du
voisin. Pour éviter à des filles ce qu’elles
ont connu, les femmes sont prêtes à tout : les futures
mères avortent si l’enfant attendu est une fille, les
bébés filles meurent, mystérieusement brûlés,
noyés, étouffés…. On ne s’en scandalise,
sur le plan national, qu’assez modérément, pas
davantage que de l’excision, du mariage forcé, du viol
quasi institutionnel, de la prostitution, des petites veuves, de
l’illettrisme…
En 2007 dans les milieux ruraux, soit 70% de la population indienne,
les femmes restent fort peu éduquées, ont essentiellement
des activités subalternes (rouleuses de beedi, vidangeuses
à mains nues, paysannes qui tirent la charrue), pour lesquelles
elles sont peu ou pas payées. Elles sont les sans caste des
sans caste.
L’Inde, malheureusement, n’a pas l’exclusivité
de ces injustices, de ces discriminations que l’on retrouvent
partout, plus ou moins marquées, au Nord, comme au Sud. Alors
si on peut, si on doit se réjouir des avancées réelles
de la condition de la femme, pour le 30e anniversaire de SA journée,
il ne faut surtout pas perdre de vue qu’il y a encore fort
à faire et… s’y atteler.
Michèle Bruhat, vice-présidente
de FDH
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CONTRIBUTIONS |
| France FDH
Anne-Marie Diény, Astrid Lanson, Bénédicte
Roget, Bertrand Elie, Camille Court, Carole Labouze, Daniel
Chaput, David Millet, Estelle De Andrade, Fanny Blanchard,
Fanny Sicard, Gaëlle Figueira, Isabelle Dos Reis, Jean-Pierre
Dardaud, Jessica Nardone, Laurence Constantini, Luc Michelon,
Maia Levasseur, Marine Landais, Maud Huntingdon, Michel Brugvin,
Michèle Bruhat, Ndéye Anta Koté, Nicolas
Dallet, Odile stab, Romain Dutter, Romain Ferretti, Sabine
Benjamin, Yves Altazin |
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