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FORMER / RDC
Les congolaises prêtes pour
la campagne électorale !
Le 30 juillet prochain, la République Démocratique du Congo connaîtra un moment historique : pour la première fois depuis 40 ans, la population va voter! En prévision de ces élections présidentielles et législatives, toute l’équipe de l’Association pour la Promotion de l’Entreprenariat Féminin (APEF) organise régulièrement des formations pour informer les femmes du Sud Kivu sur leurs droits et responsabilités en matière de participation citoyenne, mais aussi pour renforcer leur rôle dans la prise de décision politique.
Les femmes se sont beaucoup mobilisées pour participer aux formations sur le rapport homme-femme, les droits de la femme ou les élections, certaines d’entre elles ayant d’ailleurs envisagé de se porter candidate, mais leur mobilisation va au-delà de la participation citoyenne. L’action de l’APEF, qui encadre 53 associations de Bukavu composées par des femmes de différentes ethnies et religions, permet aux femmes de trouver leur place au sein de leur quartier ou village. Toutes mènent déjà des petites activités génératrices de revenus, mais les formations techniques proposées leur permettent d’en développer de nouvelles : teinture, savonnerie, tricot, broderie et élevage de poules. Séraphine de l’association Watu raconte que la formation, au-delà des compétences professionnelles qu’elle a pu lui apporter, lui a permis de retrouver de la valeur aux yeux de son mari. « Avant je ne savais pas travailler et pour cela mon mari me méprisait. J’avais un commerce qui ne marchait pas. On m’a montré comment je pouvais gérer mon petit bénéfice ; ça a apporté un grand changement dans ma vie et dans ma famille. » Le programme de promotion et d’appui aux « microentrepreneuses » de l’APEF a favorisé l’émancipation des femmes vis-à-vis de leurs maris et leur a permis d’être reconnues socialement au sein de leur famille et plus largement de la société. Ces avancées sont d’autant plus remarquables qu’elles sont à mettre au crédit des femmes du Sud Kivu, premières victimes des violences et exactions commises lors des conflits meurtriers qui ont ravagé la région ces douze dernières années [1]. Période durant laquelle elles ont joué un rôle crucial, prenant en charge la majorité des problèmes de leurs familles. Comme l’explique Espérance, « si nos familles ont résisté, les hommes ne peuvent nier que c’est à 80% grâce aux efforts des femmes. A quelque chose malheur est bon : cette guerre a prouvé aux hommes que ce qu’ils disaient sur nous, comme quoi on ne valait rien, était faux.» Aujourd’hui, à la veille des élections, la question de la place des femmes dans la reconstruction du pays ne se pose plus, elle est évidente !
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