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COOPERER / GUATEMALA
Les femmes ne veulent pas rester
victimes
Alors que Hilda, 12 ans allait à la rencontre de sa mère partie chercher du bois, un homme du village l'a agressée avec une machette. S'il n’a pas réussi à violer la fillette, il a tenté de la tuer avec son arme. Hilda s'en est sortie, même si aujourd’hui une énorme cicatrice lui barre le ventre. L'histoire de Hilda n'est qu'un exemple parmi d'autres. Il illustre l'horreur des faits et de la menace qui pèse quotidiennement sur les plus vulnérables au Guatemala. L'augmentation de ces crimes particulièrement cruels n'entraîne pourtant pas de la part des pouvoirs publics une réelle volonté de faire justice aux victimes. Les meurtriers bénéficient d'une impunité presque totale et ce sont les associations d'aide aux victimes comme « Survivantes » ou encore le « Réseau de la non-violence contre les femmes » [1] qui se substituent à la police et à la justice.
Partant du constat que les femmes guatémaltèques, du seul fait de leur genre, tendent à être soumises voire exclues à tous les niveaux de la société, des réseaux d'associations se créent dans le but de les valoriser et de leur donner la possibilité de jouer pleinement leur rôle social. Depuis plusieurs mois, l’organisation SERJUS développe un projet intitulé « le programme de la femme » en collaboration avec onze associations parmi lesquelles l'Association Culturelle de Développement Communautaire Terre Maya (MAYALAN), l'Association de Comités Paysans de l'Altiplano (CCDA). Ce projet vise à fédérer et articuler différentes organisations qui travaillent sur les questions d'alphabétisation et de formation des femmes (formation technique et formation pour la gestion des organisations). La stratégie de SERJUS est en réalité de créer un mouvement autogéré. Ces associations ont pour mission d'impliquer activement les femmes dans les processus de développement au niveau politique, économique et social. Leur travail se fait sur une échelle locale et régionale mais l’objectif final est de relier ces organisations au niveau national, non seulement pour réaliser des échanges d'expériences de terrain, mais aussi pour s'assurer un soutien mutuel et être en mesure de négocier des moyens et des projets pour les associations. Dans la pratique, ces femmes cherchent à obtenir des quotas de participation dans les organes de décision (comme le Forum national de la femme ou le système de Conseils de développement urbain et rural) et pour les élections populaires, à travers les réformes de la loi électorale et de partis politiques. La formation d'un réseau tel que « le programme de la femme » permettra à terme d'avoir un véritable poids dans la lutte pour l'égalité des sexes.
[1] Red de la no violencia contre las mujeres [2] “es así como vamos rompiendo el muro de la impunidad!”
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