RENCONTRER
/ ARGENTINE
Barbara Luna porte sa voix aux associations
argentines et du monde
De par ses racines amérindiennes, Barbara Luna, chanteuse
d’origine argentine, a toujours eu à cœur de valoriser
les musiques traditionnelles et populaires d’Amérique latine.
Un engagement que l’on retrouve tant à travers ses chansons
que ses actions citoyennes.
Barbara Luna, d’où viens-tu ?
J’ai grandi à la campagne. Jusqu'à mes 18 ans j'ai
vécu en plein cœur des plaines de la Pampa argentine, à
7 km de Roque Perez, une ville de 14 000 habitants au sud de la province
de Buenos Aires.
Comment
es-tu rentrée dans le monde artistique ?
J’ai commencé à jouer de la musique toute petite.
Ma famille s’est aperçue que je savais chanter quand j’avais
trois ans. J’ai chanté pour la première fois en public
à l’âge de quatre ans, dans une fête de village,
avant même de savoir lire et écrire ! Un ami de mon père
avait gagné un lot à la tombola et il m’avait envoyée
pour chanter. Ensuite avec mon frère, on a formé un duo
et on animait les fêtes de famille. Et puis vers 12 ou 13 ans, j’ai
commencé à danser du folklore argentin, à participer
à des festivals et à jouer dans des pièces de théâtre.
A 16 ans j’ai gagné le premier prix de chant du festival
national de Malambo où je représentais la province de Buenos
Aires.
Pourquoi cet intérêt pour les cultures
latino-américaines ?
Depuis que je suis toute petite je me suis toujours intéressée
à notre histoire. Je voulais savoir et comprendre pourquoi j’étais
là et d’où je venais. Enfant ma mère m’achetait
des livres de légendes et je voulais savoir ce que nous représentions
et connaître les luttes pour notre identité commune. Ensuite
quand je suis partie étudier à la Plata, une ville universitaire
où les gens viennent de tout le pays, j’ai découvert
la diversité des traditions musicales de mon pays. Ça m’a
permis d’avoir un contact très fort avec ma propre culture.
D’où vient cet engagement que l’on
peut sentir dans tes chansons ?
Mon premier voyage en Bolivie et au Pérou a été très
important. Là, c’était très différent
de l’Argentine. Les discriminations raciales sont très fortes
et ça m’a beaucoup choquée. La prise de conscience
des différences sociales très marquées au détriment
des gens d'origine indienne m’a donné l’envie de m’engager.
En arrivant en Europe je me suis rendu compte qu’on avait vraiment
quelque chose à montrer à travers notre musique, sans avoir
à se déguiser en habits folkloriques.
Tu as participé au concert du 40e anniversaire
de Frères des Hommes et le 12 octobre prochain, tu seras à
Joué-Lès-Tours pour un nouveau concert de soutien à
notre association. Parle-nous un peu plus de tes luttes personnelles.
J’agis quand je pense que ma voix peut apporter quelque chose. J'ai
chanté pour le Chiapas et pour les sans-abris de Santa Fe au Mexique,
ou encore pour le code de la famille en faveur des femmes algériennes.
Je soutiens une association argentine qui aide les enfants d'un village
où l’eau est polluée au mercure à cause de
l’exploitation de l’or. Je suis aussi marraine de cœur
d’une association qui s’appelle Quetzal et qui est épaulée
par Rigoberta Menchu Tum, prix Nobel de la paix 1992. Ils font beaucoup
pour les enfants au Guatemala.
Pourquoi avoir choisi d’être marraine
de cette association ?
J’aime leur action parce qu’ils ne parlent pas seulement de
la nécessité d’intégrer les gens dans la société.
Ils essaient plutôt de leur donner accès à des choses
qui leur sont parfois inaccessible et de lutter contre les discriminations
sociales qui existent dans leur pays. Ces engagements que je prends sont
à l’image de mes convictions et de ma volonté d’agir.
|