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Communiqué du Secrétariat National de la Commission Pastorale de la Terre

Note sur la répercussion du discours de João Pedro Stédile

Qui a intérêt à jeter de l'huile sur le feu ?

La Coordination Nationale de la Commission Pastorale de la Terre, devant le tollé que le discours du leader du MST, João Pedro Stédile, la semaine dernière, à l'intérieur de l'état de Rio Grande do Sul, a provoqué dans tous les media, souhaite se prononcer sur celui-ci.

Le dirigeant du MST n'a rien dit de plus que ce que affirment et proclament, déjà depuis de nombreuses années, la CPT, le MST, le Mouvement Syndical et autres mouvements sociaux ruraux et urbains : la force des travailleurs réside dans leur nombre. Et cette force doit être utilisée pour changer la réalité dans laquelle le peuple vit aujourd'hui. Rien ne justifie qu'un petit groupe, qui forme l'élite brésilienne, continue à tout contrôler dans ce pays, engendrant l'exclusion, la pauvreté et la misère de la majorité de la population. C'est ainsi que nous comprenons ce discours.
Si c'est le sens du discours du dirigeant du MST, et si ce qu'il a affirmé est ce que l'on dit et proclame depuis longtemps, pourquoi ce discours provoque-t-il aujourd'hui autant d'alarmisme et de scandale ? A qui cela profite-t-il ?
Les élites, grands propriétaires terriens de notre pays, organisés dans leurs entités de classe et appuyées par des secteurs de la presse nationale, face à la croissance des organisations sociales de la campagne et de leurs mobilisations, cherchent à tout prix à créer un climat d'instabilité sociale et à influencer l'opinion publique pour que le gouvernement adopte des mesures punitives et coercitives contre les mouvements de travailleurs et pour empêcher la concrétisation de la réforme agraire. Pour ce faire, ils profitent de tous les prétextes, et s'accrochent à des phrases sorties du contexte du reste du discours pour jeter de l'huile sur le feu et en faire un cheval de bataille.
Historiquement, ce sont les élites des campagnes surtout qui se sont opposées à la démocratie, qui ont toujours utilisé leur pouvoir économique pour maintenir leurs privilèges et leur position dans la société. Ils ont toujours eu l'appui de l'exécutif, ils sont parvenus à imposer leur volonté et leurs intérêts au législatif, et peuvent compter, la plupart du temps, sur la couverture du pouvoir judiciaire. Comme si cela ne suffisait pas, ils font appel à l'usage de la force brute. Aujourd'hui, ceux qui prônent la violence, ceux qui créent des groupes armés, ce ne sont pas les travailleurs, ce sont les grands propriétaires terriens. Un document apocryphe, distribué à Sao Gabriel, incitant les fazendeiros à arroser les acampamentos avec de l'essence, pendant que les sans-terre dormaient - il y aurait bien une petite bougie allumée pour provoquer l'incendie…-, n'a pas fait autant de vagues…

Les mobilisations et les occupations du MST, du Mouvement Syndical et autres mouvements ruraux sont une forme légitime de manifestation pour exiger le stricte respect de ce que notre Constitution, dans l'article 5, énonce : " Tous sont égaux devant la loi… étant garantie l'inviolabilité du droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à la propriété. " De plus, l'article 184 de la Constitution exige que la propriété accomplisse sa fonction sociale. Si les pouvoirs publics n'adoptent pas les mesures concrètes pour que ce droit puisse être exercé, c'est au peuple d'effectuer la pression nécessaire pour qu'il se concrétise…
Le MST s'est toujours mis en avant pour la défense la plus absolue de la démocratie, et ses membres cherchent des formes démocratiques de pression pour que les principes de justice et d'égalité deviennent une pratique concrète, et ne restent pas lettre morte.
Alors, qui en réalité est contre la loi ?

La Coordination Nationale de la CPT
à Goiâna, le 28 juillet 2003

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