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Coordination Nationale du MST*
Le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST) se dirige au peuple
brésilien et au Président Lula pour parler de la situation
de notre pays et de la lutte pour la Réforme Agraire.
Nous sommes remplis de l'espoir et de la confiance qui nous mènent
à croire qu'un autre Brésil est possible, où les
femmes, les hommes, les enfants, les jeunes et les personnes âgées
pourront enfin avoir une vie digne et heureuse.
- Le Brésil a beaucoup souffert, ces huit dernières années,
à cause du modèle économique néolibéral
implanté par le gouvernement Cardoso qui n'a fait qu'augmenter
encore plus la souffrance du peuple en apportant de graves préjudices
a ceux qui vivent dans le milieu rural, à travers l'augmentation
de la misère, des inégalités, de l'exode et du
manque, à la fois, de l'emploi et de la terre.
- Le peuple brésilien a dit non à ce modèle économique
et agricole. Il a voté massivement pour le changement et a élu
le Président Lula. C'est une victoire du peuple et une défaite
des élites et de leur projet.
- Le MST a toujours combattu ce modèle et c'est pour cela que
nous avons été persécutés et injuriés.
Nous l'avons payé du prix élevé des massacres,
des emprisonnements, des mensonges systématiques et du mépris
des familles sans terre. Nous nous sommes engagés dans toutes
les campagnes électorales, depuis 1989, pour que ce changement
arrive. Maintenant, nous nous sentons fiers et victorieux d'avoir élu
le Président Lula.
- Le latifundia et le modèle néolibéral sont la
cause de la faim, du chômage, de la pauvreté, de l'analphabétisme
et du manque de développement du milieu rural.
- Nous sommes certains qu'il est possible de vaincre le latifundia par
l'organisation du peuple et par la volonté politique du nouveau
gouvernement. Pour nous, l'ennemi c'est le latifundia, et le gouvernement
Lula va jouer un rôle fondamental pour démocratiser la
propriété de la terre au Brésil.
- Il nous faut construire un nouveau modèle agricole qui donne
la priorité au marché interne, à la production
d'aliments et à la distribution du revenu. Pour cela, il est
nécessaire de valoriser l'agriculture familiale et les coopératives,
de viabiliser et de décentraliser les agro-industries. L'état
doit réassumer son rôle dans l'agriculture et garantir
le droit qu'ont les agriculteurs de produire leurs propres semences
et de développer les techniques appropriées à l'environnement
et à la qualité des aliments.
- Il est nécessaire de garantir l'éducation publique à
toute la population du milieu rural, comme forme de conquête de
la dignité et du développement.
- Notre rôle en tant que mouvement social est de continuer à
organiser les pauvres de la campagne, de les conscientiser de leurs
droits et les mobiliser pour qu'ils luttent pour des changements. Nous
maintiendrons toute l'autonomie nécessaire par rapport à
l'état, mais nous contribuerons également par tout ce
qu'il nous sera possible de faire pour aider le nouveau gouvernement
pour qu'existe enfin la tant rêvée reforme agraire.
- Nous avons l'opportunité, en ce moment, de réaliser
la tache historique d'implanter une véritable réforme
agraire, de démocratiser la terre et d'éliminer la faim,
le chômage et les injustices sociales.
Nous convoquons tous les travailleurs et travailleuses, toute la société
brésilienne, en générale, à s'organiser, à
se mobiliser et à nous aider à faire la réforme agraire.
Un Brésil plus juste et plus égalitaire est possible.
L'heure est maintenant venue !
Caruaru,
Agreste pernambucano,
Nordeste brésilien,
Novembre 2002.
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