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En 1999, le MST a fêté
ses quinze ans. Durant ces quinze années de lutte pour la terre,
il a canalisé les espoirs de millions de paysans Brésiliens
laissés pour compte sur les chemins de la mondialisation. Cependant,
la lutte pour la terre prend ses racines bien avant la naissance du Mouvement. L'HISTOIRE DE LA
LUTTE POUR LA TERRE AU BRESIL L'arrivée des Portugais en 1500 marque la première étape de l'exclusion systématique des plus faibles: les "envahisseurs" dépossèdent rapidement les indigènes de leurs terres et déjà, certaines tribus se rassemblent pour revendiquer leur droit de chasser et de cultiver. Elles sont impitoyablement exterminées par les colons. Plus tard, les esclaves venus d'Angola réclament à leur tour le droit d'exploiter les immenses richesses du Brésil. Mais, au terme de nombreuses années de lutte parfois sanglante, ils n'obtiennent que leur liberté. Entre 1850 et 1910 de nombreux groupes de paysans Sans Terre tentent de s'organiser. Le gouvernement les réduit au silence par la force. Citons à cet égard, l'épopée des Canudos dans le Sertão: Antônio Conselheiro, homme d'église, part en croisade contre la misère qui frappe cette région déshéritée. Il parcourt les campagnes en prêchant la parole de Dieu en même temps que des idéaux communautaires. Bientôt il fonde une "cité idéale" qui recense rapidement 25,000 habitants. La communauté repose sur des croyances de respect mutuel et de liberté. La ville de Canudos prospère et la légende raconte qu'il y coule des fleuves de lait et que les gens n'y manquent de rien. Ce succès ne manque pas d'attiser l'intérêt des paysans alentour, mais le gouvernement en prend ombrage et une expédition militaire est organisée pour mettre fin à ce "paradis utopique". Arrivés sur place les militaires exterminent hommes, femmes et enfants. Ils mettent ainsi fin au premier "assentamento" de l'histoire du Brésil. Mais le souvenir d'Antônio Conselheiro reste présent dans la mémoire de tous les membres du MST qui se considèrent comme ses descendants directs. Après une période de relative apathie, la lutte reprend et s'intensifie au début des années 50. Jusqu'en 1964, date du Coup d'Etat Militaire, de larges groupements de lutte paysanne proches du mouvement syndical se forment: l'Union des Laboureurs et Travailleurs Agricoles et La Ligue Paysanne pour ne citer que les plus importants. Ces mouvements sont particulièrement actifs dans le Sud du Pays. Mais avec la dictature de 1964, les leaders de ces mouvements sont systématiquement assassinés ou exilés. La répression est telle que même l'actuel président du Brésil Fernando Henrique Cardoso, pourtant libéral, est obligé de quitter le pays. La dictature pense résoudre le problème des paysans et consolider les frontières du pays en offrant les terres de la forêt Amazonienne. C'est l'époque de la politique des "Espaços Vazios" (les espaces vides). L'échec est cuisant; après quelques années de lutte acharnée et d'intensive déforestation, les paysans qui avaient cru au rêve amazonien abandonnent la forêt pour venir grossir les rangs des habitants des favelas. A la même époque, les fazendeiros (grands propriétaires terriens) consolident leur pouvoir grâce aux liens privilégiés qu'ils maintiennent avec la dictature. Enfin, dans les années 70, la lutte des Indiens Kaingang qui refusent d'abandonner les terres qu'ils cultivent en posseiros (ceux qui exploitent une terre qui ne leur appartient pas) depuis des siècles, marque un tournant décisif dans le combat pour la terre au Brésil. Ils résistent pendant des mois et le gouvernement cède finalement à leurs exigences: ils obtiennent la propriété des terres. Leur exemple a grandement contribué à redonner espoir à tous les exclus du pays. A cette époque, l'église se pose en défenseur des
paysans. Dès la dictature, l'action mené par l'église
catholique en faveur des déshérités du Brésil
a pour fondement la théologie de la Libération mise en avant
à la suite du Concile de Vatican II. Notons au passage qu'au Brésil,
les églises catholiques et Luthériennes font depuis longtemps
front commun pour mobiliser les paysans. Mais la création du MST n'aurait pas été envisageable sans les nombreux mouvements sociaux qui sonnent le glas de la dictature et marquent les premiers pas vers la démocratisation. Citons à cet égard la longue grève des métallurgistes du triangle de ABC (formé par les communes de Santo André, São Bernardo et São Caetano, à la périphérie de São Paulo). Dès sa création, le Mouvement Sans Terre connaît un essor impressionnant. En 1985, un an après sa fondation, le Mouvement a déjà organisé 35 occupations de terre et mobilise un peu plus de 10,000 familles. Dix ans plus tard, 146 occupations sont en place, et regroupent plus de 40,000 familles. Aujourd'hui on estime que plus de 100,000 familles (soit environ 500,000 personnes) participent au Mouvement. Mais cette grande victoire n'a pas été conquise sans sacrifice puisque depuis 1964, plus de 1,600 travailleurs ruraux ont été assassinés. Ces assassinats n'ont hélas débouché que sur deux arrestations. Au Brésil on tue toujours en toute impunité. Mais la détermination du MST est porteuse d'espoir et nous nous devons de la soutenir , car aujourd'hui encore plus de 30 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté au Brésil. Jean-Luc Pelletier et Philippe Guinot |
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EXPULSIONS AU PARANA Le 25 novembre dernier, la Police Militaire soutenu par les milices armées de l'UDR (Union Démocratique Rurale) sur ordre du Secrétariat Publique a expulsé 33 familles qui avaient installé leurs tentes dans la Fazenda Contestado dans le nord-ouest de l'Etat du Paranà. Au cours de l'opération, 9 travailleurs ont été arrêtés au motifs d'association de malfaiteurs, port illégal d'armes (faux et houes) et refus d'obtempérer. Cette opération porte à 129 le nombre de travailleurs emprisonnés et de 150 familles expulsé au mois de novembre au Paranà. Depuis près de six mois, 800 membres du MST campent devant le palais Iguaçu et manifestent devant le palais de justice de l'Etat du Paranà tandis qu'une plainte a été déposée contre l'UDR pour incitation à la violence. La plainte fait état de très nombreuses déclarations et informations publiées dans les journaux locaux et régionaux, prouvant la responsabilité de l'UDR dans le développement d'un climat d'hostilité actuellement au Paranà. Devant la gravité de la situation actuelle, avec la reprise de la violence dans l'Etat de Paranà, nous vous demandons de manifester votre désaveu quant aux accointances de la Police Militaire et du secrétariat de la Sécurité Publique avec les forces les plus rétrogrades du latifundisme du Paranà afin que justice soit faite et afin de soutenir les revendications des travailleurs sans terre qui campent devant le palais Iguaçu. " Accompagnant systématiquement l'évolution de la situation de la lutte pour la terre dans l'état du Paranà, nous devons une fois de plus nous adresser à vous pour désavouer la vague de violence qui secoue le Paranà en ce moment :trois expulsions en une semaine accompagnés d'emprisonnement et de la violence de la part des latifundistes, de leurs milices et de la propre police militaire du Paranà. Nous demandons au gouvernement de l'Etat du Paranà des mesures urgentes pour empêcher l'escalade de la violence et garantir la réalisation effective de la Réforme Agraire, principalement en satisfaisant les revendications des travailleurs qui campent depuis six mois devant le palais Iguaçu. Nous tiendrons ce gouvernement pour responsable si des actes de violence venaient à se produire dans les prochaines heures. "
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Le gouvernement français au
procès de José Rainha L'ajournement du procès de José
Rainha Un message de Joao Pedro Stedile Joao Pedro Stedile
Les 12èmes rencontres du MST Des propriétaires virtuels
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INFO terra, mensuel édité
par Fréres des Hommes,
avec le soutien de l'Union Européenne DG8 9 rue de Savoie, 75006 PARIS. Tél : 01.55.42.62.62. Fax : 01.43.29.99.77. E-mail : fdh@fdh.org. Site : http://www.france-fdh.org Pour tout renseignement sur INFO terra, tél : 01.55.42.62.63 Email : vdm@fdh.org Comité de rédaction : Philippe Guinot, Laurence Constantini, Jean-Yves Martin, Jean-Luc Pelletier, Agnès Van Ginneken, Susana Inez Bleil. Coordination : Laurence Constantini Photo : Brésil, 1996. Droit réservés/Sébastien Salgado |