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Brésil : au-delà des élections LA QUESTION LANCINANTE DE LA TERRE pour le Gouvernement Lula Depuis plusieurs mois l'opinion et les médias sont polarisés sur les
élections de ce mois d'octobre. Du coup, la réforme agraire a été quelque
peu perdue de vue. Elle reste cependant de pleine actualité. Polémiques sur les tribunaux de la terre Le Gouvernement Lula envisage de créer un nouveau tribunal fédéral des affaires agraires, qui se rendrait sur les lieux de conflits.Pour le coordinateur du MST, J.P. Stédile, « La véritable solution ne peut provenir du judiciaire. Toutes les mesures judiciaires qui diminuent le nombre de conflits peuvent aider, mais elles ne sont pas fondamentales... Le problème de la concentration de la propriété de la terre exige une série de mesures, la principale d'entre-elles est l'accélération de l'expropriation des latifúndios. ». Pour lui, le nombre des conflits augmente quand le gouvernement est trop lent sur la question agraire. « Les expropriations et la réforme agraire avancent à pas de tortue ». Néanmoins, selon les dirigeants des Sans-terre, les juges locaux gardent fréquemment des relations étroites avec les grands propriétaires. En témoigne la rapidité habituelle avec laquelle sont concédées les réintégrations de possession des zones envahies par les Sans-terre, alors qu'on ne constate jamais le même empressement pour les décisions d'expropriations de terres qui ne remplissent pas leur fonction sociale, conformément à ce que prévoit pourtant la Constitution. De son côté, et en toute logique donc, l'Union Démocratique Ruraliste (UDR) s'organise pour faire barrage à cette proposition de création d'un tribunal des affaires agraires, qu'elle considère anticonstitutionnelle. Elle a entrepris une action de lobbying auprès des parlementaires et, en cas d'échec, s'apprête à recourir à la justice : « Cette idée de créer un type de justice particulier, qui se déplacerait des grands centres vers les zones de conflits, comme il a été proposé, est contraire à la base de la constitution. Elle retire du pouvoir au juge local, qui a une meilleure connaissance d'un conflit local que quiconque » argumente le président de l'UDR. Il se méfie des intentions du président Lula, qui présente cette Justice Agraire comme un moyen de réduire les conflits : "Si son intention est bien celle-là, ce serait bien mieux qu'il dise à ses amis sans-terre qu'ils cessent d'envahir des propriétés rurales, parce que c'est ça qui est à l'origine des conflits". "Trêve électorale" ou tensions aggravées ? Fin septembre, un bilan des occupations a été publié par la grande
presse. Soulignant que le MST est le principal responsable « d'invasions
de terres », elle rappelle qu'en mars il y en eut 40, en avril
(dit « avril rouge ») 109 dont 79 commandées par le MST, en
mai 48, en juin 17, en juillet 25 et en août 16. Le journal O Globo
concluait que le MST accordait une trêve au gouvernement en période
électorale. Le gouvernement ne s'engage donc pas dans un nouveau modèle de développement agricole dont la réforme agraire ferait partie. Il est dans la même logique que les gouvernements précédents pour lesquels celle-ci est une compensation sociale qui ne remet pas en cause le modèle agricole lui-même. L'Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire (INCRA) serait même en train de revoir sa politique d'installation. Selon son président, il serait impossible d'en finir avec les assentamentos à court et à moyen terme. Ils font partie de la stratégie du MST, aidant à attirer l'attention sur la question sociale et à faire pression sur le gouvernement. Avec l'aggravation du chômage et du manque de perspectives pour les familles des périphéries des grands centres urbains, tant qu'on en installera avec de bons résultats, d'autres se présenteront comme candidates à l'installation. Une réforme agraire à la traîne Côté gouvernement, on annonce que, de janvier à octobre 2004, 43.000
familles ont été installées, que le cas de 13.000 autres est en cours
de traitement, que 651.000 ha ont été expropriés, chiffre le plus élevé
de ces de ces six dernières années, que, depuis qu'il est au pouvoir,
le président Lula a signé des décrets d'expropriation pour 1 million
d'ha, concernant 456 propriétés, dans 20 Etats, que le gouvernement
renforce l'INCRA, en améliorant le plan de carrière et le salaire de
ses fonctionnaires (après trois mois de grève), qu'il s'efforce de garantir
les ressources financières pour tenir les engagements figurant dans
le PNRA. Bien qu'il concentre surtout ses critiques sur les ministres Antonio Palocci (Economie) et Guido Mantega (Planification), le MST n'épargne désormais plus le Président : « Lula ne peut pas prétendre qu'il n'y a pas d'argent et que la réforme agraire est chère. Il doit être plus radical dans ses actions, dans ses lois. Il faut qu'il y aille de sa plume pour exproprier les terres. Mais le gouvernement, en premier lieu, doit comprendre ce que c'est que la réforme agraire » ! Jean-Yves MARTINSources : |
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Cartes de voeux solidaires Comme chaque année à la même époque, Frères des Hommes est en pleine campagne « cartes de voeux ». Cette année, à l'occasion du vingtième anniversaire du Mouvement des Sans Terre, nous proposons à la vente une série de cinq clichés en noir et blanc de Sebastião Salgado, tirés de l'exposition Terra. Chaque pochette est vendue au prix de 6,00 €, les fonds récoltés par ces ventes seront reversés au MST, pour la construction de l'Ecole Florestan Fernandes. Pour visualiser ces cartes et imprimer le bon de commande : cliquez ici |
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L'AGRICULTURE FAMILIALE AU COEUR DES NEGOCIATIONS UNION EUROPEENNE-MERCOSUR Ces négociations ont pour objectif la signature, fin octobre, d'un
traité commercial entre l'Union Européenne et les pays du Mercosur,
équivalent d'un marché commun sud-américain. PROGRAMME FAIM ZERO : un premier bilan A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la faim (16
octobre), Francisco Menezes, président du Conseil National de Sécurité
Alimentaire (CONSEA), et salarié d'Ibase - Institut Brésilien d'Analyses
Sociales et Economiques - l'une de plus importantes ONG brésiliennes
en matière de combat contre la faim et pour la reforme agraire,
était de passage en France, invité par plusieurs organisations. LE CRI DES EXCLUS - GRITO DOS EXCLUIDOS Le 12 octobre est officiellement le jour anniversaire de la Découverte
des Amériques par Christophe Colomb (Colombus Day), mais c'est aussi,
et pour la sixième année consécutive, la journée du Cri des Exclus
Continental (Grito dos Excluidos) : une manifestation à l'échelle
du continent américain, qui cette année a résonné dans 23 pays, notamment
au Pérou, en Equateur, en Bolivie, en Colombie, en Argentine, Honduras
et au Brésil. 23 pays où, simultanément, les mouvements sociaux qui
luttent pour « une autre société, juste, solidaire et durable »,
font entendre leur voix, et dont les protestations visent, toujours
à l'échelle continentale, la croissante militarisation de l'Amérique
latine et les négociations en cours de traités de libre-échange bilatéraux
ou régionaux avec les Etats-Unis - nouveau front continental qui avait
émergé suite au Forum des Amériques, tenu à Quito en juillet dernier. |
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5e rencontre des Amis des Sans-Terre A vos agendas ! Après Paris en 2001, et Serpa au Portugal en 2003, la 5e rencontre des Amis du Mouvement des Sans Terre se tiendra à Rome, du 28 au 30 octobre 2005. Info Terra maintiendra ses lecteurs informés de la préparation de cette rencontre au cours des prochains mois. Le temps ne presse pas, mais autant réserver son week-end dès maintenant ! |
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| INFO terra, mensuel édité
par Frères des Hommes,
9 rue de Savoie, 75006 PARIS. Tél : 01.55.42.62.62. Fax : 01.43.29.99.77. E-mail : fdh@fdh.org. Site : http://www.france-fdh.org Pour tout renseignement sur INFO terra, ou pour vous désabonner Tél : 01.55.42.62.63 - Email : vdm@fdh.org Comité de rédaction : Susana Inez Bleil, Isabelle Dos Reis, Jean-Yves Martin, Jean-Luc Pelletier,
Agnes van Ginneken. Coordination : Isabelle Dos Reis Photo : Brésil, 1996. Droits réservés/Sebastião Salgado Conformément à la loi Informatique et Libertés du 06/01/78, vous avez un droit d'accès et de rectification des informations vous concernant en nous contactant à l'adresse ci-dessus. INFO terra s'engage à ne pas communiquer ces informations à d'autres organismes. |