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Dans ce pays qui représente plus de 16 fois la France, 1%
à peine des propriétaires terriens - les "fazendeiros"
- possèdent plus de 43% des terres. A l'autre bout de l'échelle,
53% des paysans possèdent moins de 3% des
surfaces cultivables, un chiffre auquel il faut naturellement ajouter
5 millions de familles de paysans sans terre,
soit plus de 25 millions de personnes.
Pourtant, d'immenses étendues cultivables restes improductives
: environ 35000 grandes propriétés improductives ont une
superficie supérieure à 1000 hectares, un territoire équivalent
à la France, l'Espagne, l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche réunis.
Ce déséquilibre a encore été aggravé
par les politiques des différents gouvernements, dont ceux du régime
militaire (1964-1984), qui ont encouragé de puissants groupes économiques
à investir dans les forêts d'Amazonie et du Centre-Ouest.
Une grande partie de ces groupes, après avoir organisé la
déforestation de millions d'hectares, se sont aperçus, malgré
les avertissements maintes et maintes fois répétés
des agronomes, que ces terres étaient trop pauvres pour y permettre
ne serait-ce que le pâturage. Il en résulte un véritable
désastre écologique, économique
et social...
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